17 décembre

Michiru, 46 ans, bijouterie
Michiru n’avait pas beaucoup de temps. Pas assez de temps. Elle et moi le regrettâmes profondément. Elle parce que j’étais français et moi parce que j’aurais adoré raconter une histoire sur elle et la mettre dans le livre. C’était ainsi. Michiru se rendait à sa boutique à Ginza. Elle allait prendre le train à la station de Mejiro et filait dans la rue d’un petit pas de kimono. Si elle avait eu le temps, elle aurait enlevé le vêtement imperméable pour me montrer son kimono. C’était ainsi. À la simple évocation de ma nationalité, Michiru partit dans un monologue – en français s’il vous plaît ! – pour me raconter sa passion pour mon pays, pour sa langue. Elle y était allée plusieurs fois et en revenait en novembre. Auparavant, elle avait accueilli une amie française chez elle pendant six mois. Michiru était contente de pratiquer la langue de Molière et cela faisait plaisir à voir. Elle est née à Mejiro et y habite depuis toujours. Juste avant de partir – il fallait vraiment qu’elle parte – je lui ai donné ma carte car dans un cri du cœur, elle m’a dit : « Je voudrais avoir cette photo ! » Elle est repartie comme je l’ai vu arriver dans cette petite rue, en trottant.

Cedric Riveau

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